Glossaire

Bande "Favruche"

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Composition de la bande Favruche La bande enherbée de Favruche a été implantée en 2007, mesure 550 mètres de long et totalise environ 0.5 hectares en surface totale. Elle se situe au sud-ouest de la zone d'étude, éloignée du camp militaire et isolée par rapport aux autres bandes mais comportant plusieurs zones boisées à relative proximité. Le couvert végétal est dense, essentiellement composé de graminées, avec une flore pauvre offrant peu de ressources (fleurs et graines). Sur des zones localisées, la terre est mise à nu par l'action de micromammifères. Il s'agit également de la plus ancienne des bandes laissée en développement spontané. La faune et la flore présente sur cette zone sera donc particulièrement intéressante à étudier et à comparer puisque des populations y sont implantées depuis trois ans. Pour cette raison, le relevé botanique de la bande a été complémenté par une étude phytosociologique selon la méthode des quadrats de Braun-Blanquet.

La composition de la bande pour l'année 2010 est représentée sur le schéma ci-contre. On différencie :

  • La partie centrale : laissée en couvert spontané sur une largeur de 4 mètres, elle joue le rôle de corridor. Elle fait donc partie des trois bandes du projet non semées avec Malinet et Voie des Ânes. Cette partie centrale a été gérée de trois manières différentes selon les zones : non gestion, travail du sol et fauche. Deux zones sont en non gestion aux emplacements des nichoirs à hyménoptères par souci pratique et pour établir un point de comparaison avec les deux autres zones. Au milieu de la bande, un travail du sol est réalisé afin de tester le développement des messicoles. Une fauche sur le restant de la bande permettra un appauvrissement du milieu.

  • Les bordures : elles ont un rôle de protection par rapport à la partie centrale vis à vis des pressions liées aux cultures adjacentes. Ainsi, elles font barrière aux éventuelles adventices présentes dans la parcelle et ont un effet tampon par rapport aux traitement appliqués sur champ. Pour freiner le développement et la propagation du chardon des champs (Cirsium arvense), très abondant sur Favruche, les bordures ont été fauchées

La bande enherbée est encadrée par une parcelle contenant une culture de betteraves à l'est et une parcelle ne faisant pas partie de l'exploitation à l'ouest. Résultats et interprétations fleche Populations d'insectes La bande enherbée Favruche ne comportait pas de pièges de type Barber. Par conséquent, les carabes n'ont pas été comptabilisés sur cette bande. Les insectes relevés par le piège en croix ainsi que par la tente malaise n'ont pu être identifiés de manière précise, ce qui rend une interprétation des données impossible. Les pièges à hyménoptères ont en revanche permis d'aboutir sur deux séries de résultats : la première réalisée sur les nichoirs classiques (tube vertical et horizontal) et la seconde sur les nichoirs horizontaux (selon le protocole MNHN).

Le projet Arc-En-Ciel a pour projet d'actualiser ces données. Cela permettra de faire une comparaison pertinente entre l'état des populations d'hyménoptères il y a dix ans et maintenant. Des observations ont déjà permis de constater la présence de guêpes fouisseuses sur Favruche qui n'étaient pas présentes dix ans auparavant.
flecheGroupements végétaux sous_flecheInventaires
fleche Légende
La bande Favruche comporte des groupements relativement pauvres et anthropisés, avec une dominance visible de la famille Cirsium et des espèces nitrophiles en général:

  • Les communautés rudérales : la classe Artemisietea vulgaris est bien représentée sur Favruche avec 40% des espèces caractéristiques présentes. De même, l'association Cirsietum eriophori domine l'ensemble de la bande à la fois sur les bordures (Cirsium arvense) et la partie centrale (Cirsium eriophorum) Ce sont des groupements peu intéressants du point de vue écologique et agronomique car majoritairement composés d'adventices. Certaines espèces animales pourraient cependant bénéficier de l'abondance des cirses : Belle-dame (Vanessa cardui), abeille(Apis mellifera), chardonneret(Carduelis carduelis), etc.

  • Les communautés commensales des cultures : la classe Stellarietea media est largement représentée sur cette bande (50% des espèces représentatives y sont présentes) principalement par des adventices annuelles telles que Stellaria media (Mouron des oiseaux) ou Galium aparine (Gaillet gratteron). La présence de ces groupements est une conséquence directe de l'abandon récent des cultures sur la bande. Ces populations floristiques pauvres et durablement implantées ont donc peu d'intérêt environnemental même si elles offrent une couverture de refuge et une aire d'alimentation pour les oiseaux et micro-mammifères. Il est intéressant de constater l'absence de l'ordre Centauretalia cyani, peut être dû à une surabondance des adventices.

  • Les communautés prairiales : ces communautés caractérisent un milieu transitoire, influencé par des perturbations diverses (pâturage, piétinement, fauche). Sur Favruche, peu de perturbations sont présentes, hormis le fauchage pratiqué sur la majeure partie de la surface. Ces groupements sont donc faiblement représentés, qui plus est par des espèces rudérales et nitrophiles : Plantain (Plantago sp.), Cirse (Cirsium sp.)

  • les communautés de pelouse et pré-forestières : elles sont quasi-inexistantes au sein de cette bande. On retrouve tout au plus quelques espèces telles que Origanum vulgare ou Euphorbia cyparissias. On peut imaginer que ces quelques espèces aient pu provenir de la zone source située au nord de la bande : la Croix Jaunie.

Evolution de la végétation Favruche
Évolution de la végétation sur la bande Favruche
Favruche est un bon exemple d'une bande enherbée ancienne laissée en développement spontané. L'absence de gestion spécifique et l'éloignement par rapport aux zones sources à entraîné au fil des années une colonisation par les adventices qui se traduit par une pauvreté globale de la diversité végétale. pour remédier à cette situation, un épuisement progressif des stocks de graines de chardons pourra être fait par une fauche avec exportation au printemps. Il s'agira ensuite de repeupler la bande par des semences d'espèces locales récupérées sur d'autres bandes.
sous_flecheEtude des quadrats Abondance des types de végétation Favruche Un ensemble de cinq quadrats de dimensions 1x1m a été placé au sein de la partie centrale de Favruche. Ce protocole associée à l'échelle de Braun-Blanquet permet d'évaluer plus précisément la variabilité de la flore à l'échelle pluri-annuelle. Les quadrats ont été placés dans deux zones types : zone représentative (3 quadrats) et zone perturbée par les campagnols (2 quadrats). Le suivi comparatif de quadrats permanents sur ces deux types de zones a pour but de mettre en évidence si des perturbations naturelles (mise à nu de la terre par des micromammifères) suffisent au développement de messicoles sur une bande enherbée qui semble relativement fermée par les graminées.

Les résultats montrent que l'abondance d'espèces de groupements végétaux s'apparentant aux prairies est supérieure dans les zones non perturbées, et inversement, que l'abondance des espèces commensales des cultures est supérieure dans les zones où l'on retrouve d'avantage de terre mise à nu, avec la présence de deux espèces messicoles supplémentaires. Les espèces que l'on peut qualifier de rudérales sont les plus abondantes sur les zones représentatives de la bande. Il faut noter que pour la plupart des espèces rudérales, le recouvrement est important par individu, ce qui peut expliquer une différence rapidement importante entre les deux types de zones. flecheComparaison entre bandes enherbées sous_flecheFlore Diversité végétale VdA En ce qui concerne la flore, on comparera Favruche avec les autres bandes ayant été laissées en couvert spontané (Malinet et VdA) et les zones témoins (Chemin et abords du camp militaire). Le graphique à droite montre le nombre total d'espèces végétales recensées sur l'année 2010 pour chaque bande.

Favruche comptabilise 1/3 d'espèces de moins que VdA malgré le fait qu'elle soit plus ancienne. Outre le fait que Favruche semble moins influencée par les zones sources (communautés pré-forestières légèrement moins présentes), cet écart pourrait s'expliquer par l'invasion généralisée par les chardons en 2010. Par effet de compétition entre espèces, le chardon a ainsi pu empêcher l'implantation d'espèces prairiales. Cette hypothèse est confirmée par le fait que Favruche est la bande contenant le plus d'adventices en proportion (40% contre 33% pour VdA)

Il est probable que l'établissement d'une végétation plus avancée (prairie, pelouse, milieu pré-forestier) dans cette bande soit conditionné à une gestion plus spécifique visant à réduire fortement la pression des adventices. De par sa situation géographique, Favruche ne peut bénéficier d'une influence significative des zones sources. Son évolution vers un milieu plus diversifié sera donc plus lente et l'équilibre de son cortège floristique plus fragile.

Remarque : Les deux témoins (camp militaire et champ témoin) donnent une idée de la diversité apportée respectivement par les zones pré-forestières et les zones de cultures.